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Biographie Ibn Taymiyyah laissez un commentaire

L’heure est grave, la foule, l’émir et ses notables sont rassemblés. Ibn Taymiyyah, le Cheikh de l’Islam, vient de lancer un défit aux soufis rifâciyyah. Ceux-ci sont craints et respectés, ils s’enfoncent des épées dans le ventre, marchent sur le feu, sans souffrir d’aucun mal. « Je m’adresse à tous les Ahmadites qui se trouvent à la surface de la Terre. Quoi qu’ils fassent avec le feu, je ferai pareil. Celui qui sera brûlé sera maudit par Allah ! »

Voici le récit du cheikh de l’Islam, considéré par beaucoup comme le plus grand savant que cette Terre ait portée, l’érudit, l’ascète, le dévot, l’imam des musulmans : Taqî Ad-Dîn Ahmad Ibn Taymiyyah, qu’Allah lui fasse miséricorde.

L’origine du nom Ibn Taymiyyah

On dit que l’un de ses ancêtres, Muhammad Ibn Al-Khidr se rendit au pèlerinage en passant par la ville de Taymâ’ en Arabie où il vit une fillette qui le marqua par sa beauté. De retour chez lui, il apprit que sa femme avait mis au monde une petite fille. En la voyant, il s’étonna de sa ressemblance avec cette autre fille de la ville de Taymâ’, alors il s’écria :
« Ô Taymiyyah ! Ô Taymiyyah ! »
Elle fut donc surnommée ainsi. Ibn An-Najjâr relate que la mère de son aïeul Muhammad se nommait Taymiyyah et qu’elle était une prédicatrice, c’est donc en son honneur qu’on le nomma ainsi.

La naissance et l’enfance de Sheikh Al-Islam Ibn Taymiyyah

Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyyah est né dans la ville de fiarràn, en Turquie actuelle, le lundi dix ou douze du mois de RabîC Al-’AwWU de l’année 661H (soit le 22 ou le 24 janvier 1263 G).

Durant son enfance, un évènement bouleversa la vie du jeune Ahmed alors âgé de six ans. Venues de l’Est, des hordes mongoles envahirent la région, l’obligeant à fuir de nuit en compagnie de se; parents et ses trois frères. Sans même une monture pour porter leur livres et leurs bagages, demandant à Allah (ﷻ) Sa protection, toute la famille prit la route de Damas, manquant de peu d’être rattrapée par les envahisseurs.

Taqî Ad-Dîn Ahmad Ibn Taymiyah grandit dans une famille d’érudits. Son père, son frère, son oncle et surtout son grand-père Abd As-Salâm, auteur d’un célèbre ouvrage de jurisprudence, étaient très réputés.

Cependant, si l’on pouvait comparer l’éclat de la science de son grand-père à la lune, l’érudition d’Ibn Taymiyyah fut un soleil dont le rayonnement éclipsa la renommée des autres fils de son aïeule. Sa famille, d’obédience hanbalite, s’appliqua à lui donner durant son enfance une éducation des plus complètes. Dès son plus jeune âge on voyait en lui des signes présageant de qualités intellectuelles et de cœur, exceptionnelles, de même qu’un goût pour l’effort et la minutie.

Ainsi, alors qu’il n’était encore qu’un garçonnet se rendant à l’école coranique, un juif qui vivait dans les alentours et qui avait remarqué son intelligence et sa perspicacité, prit comme habitude de le questionner. Le petit Ahmad lui répondait alors si vite qu’il en restait ébahi, époustouflé par la pertinence des propos de ce jeune garçon. Dès lors, à chaque fois qu’il passait à proximité de chez cet homme juif, le petit Ibn Taymiyyah l’informait de choses qui prouvaient la fausseté de sa croyance. Il ne fallut pas longtemps pour que le juif embrasse l’Islam et le pratique d’une belle manière.

Un jour un des savants d’Alep se rendit à Damas, en disant :
« J’ai entendu qu’un jeune garçon d’ici, nommé Ahmad Ibn Taymiyyah étalt rapide dans la mémorisation, je suis donc venu avec l’intention de le rencontrer. »

Un couturier lui dit :
« Ceci est le chemin par lequel il passe pour se rendre à l’école coranique et il n’est pas encore passé. Assis-toi-donc avec nous. »

Le Cheikh d’Alep s’assit donc, jusqu’à ce qu’un groupe d’enfants apparaissent sur la route de l’école. Le couturier lui dit alors :
« L’enfant qui a dans les mains la grande ardoise est Ahmad Ibn Taymiyyah. »

Le cheikh l’appela et le jeune Ahmad vint à lui. Le savant prit alors l’ardoise, lut ce qui y était écrit et dit :
« Ô mon fils ! Efface cela que je te dicte quoi écrire. »
L’enfant lui obéit. Il lui dicta alors une dizaine de hadiths. Puis il lui dit:
« Lis ce que je t’ai dicté. »

Ahmad lut une fois ce qu’il venait d’écrire et tendit l’ardoise au Cheikh. Le savant lui demanda alors :
« Récite-moi ce que tu as lu. »

Sans une erreur, l’enfant lui débita d’une traite ce qu’il venait d’apprendre par cœur. Le cheikh lui demanda d’effacer son ardoise afin de lui dicter autre chose. Ahmad obéit. Il lui dicta alors plusieurs Chaînes de narration de son choix et de la même manière le petit Ibn Taymyyah lui récita parfaitement ce qu’il n’avait écrit et lu qu’une fois. Le cheikh se leva alors et dit :
« Si ce garçon vit, il aura un grand avenir, on n’a jamais vu pareil
enfant ! »

De même, alors qu’il n’était qu’un Petit garçon son père Organisa une sortie dans un jardin afin qu’Ahmad Et ses frères se divertissent. Il demanda à son fils :
« Ô Ahmad ! Veux-tu sortir avec tes frères pour t’amuser un peu ? »

Il refusa respectueusement. Son père insista alors, mais l’enfant
refusa catégoriquement en ajoutant :
« Ô mon père l Je souhaiterais être dispensé de sortie. »

Il refusa respectueusement. Son père insista alors, mais l’enfant refusa catégoriquement en ajoutant :
« Ô Ahmad l Tu as manqué à tes frères aujourd’hui. Ton absence a
gâché leur plaisir. »

Ce à quoi l’enfant répondit :
« Père, aujourd’hui j’ai appris ce livre. »

Il lui tendit un petit ouvrage de l’Imâm Ibn Qudâmah Al-Maqdisî, intitulé Rawdat An-Nâdhir wa Ianmzt Al-Manâdhir (Le jardin du promeneur et le paradis des paysages naturels), montrant ainsi à son père qu’il avait parcouru lui aussi ce jour un jardin autrement magnifique. Son père étonné lui dit :
« Tu as appris ce livre ? Très bien, récite-le-moi. »

L’enfant s’exécuta et en effet il l’avait appris par cœur. Il le prit dans ses bras et l’embrassa sur le front, puis lui dit :
« Ô mon fils l N’informe personne de ce que tu as fait.»

Pour couronner le chapitre de son enfance, nous citerons enfin Cette anecdote qui illustre encore une fois l’être précoce et hors du commun qu’était Ibn Tayymiyyah :
Alors qu’il était enfant, son père alla voir le cheikh qui enseignait le Coran à son fils.

Il dit à ce dernier qu’il comptait, sans qu’Ahmad soit mis au courant, lui donner quarante dirhams par mois afin qu’il les reverse à son fils, pour l’encourager à persévérer dans la lecture et l’apprentissage du Livre d’Allah. Il donna donc les quarante dirhams au cheikh en lui disant :
« Donnes-les-lui cela lui fera plaisir, c’est encore un enfant. Il sera encore plus motivé et assidu dans son apprentissage du Coran. »

Lorsque vint Ahmad, le cheikh lui donna l’argent et l’informa qu’il aurait la même somme tous les mois à condition qu’il persévère dans ses études. L’enfant lui répondit :
« Ô mon maître! J’ai pris un engagement envers Allah (se) de ne percevoir aucune rétribution pour le Coran. »

L’enseignant qui voyait bien qu’un tel comportement n’était pas naturel pour un enfant, sut qu’Allah (ﷻ) lui-même avait prit en charge l’éducation du jeune Ahmad.

L’adolescence, ses études son amour des sciences religieuses

Les années passèrent, puis vint l’adolescence et sa soif d’apprendre ne tarissait pas. l] avait appris le Coran par cœur durant son enfance, et avait déjà malgré son jeune âge des bases très solides. Son destin cependant, était de côtoyer puis de dépasser les sommités de ce monde. Il se lança dans l’apprentissage du hadith, de la jurisprudence, de la langue arabe, au point d’exceller dans ces domaines; tout en continuant à fréquenter assidument les assises scientifiques. Il entendit plusieurs livres auprès de plusieurs savants rapportant des hadiths authentiques à la chaîne de narration élevée. Quant aux grands recueils de hadiths tels que le Musnad de l’imam Ahmad, Sahîh Al-Bûkhârî et Muslim, le Iâmic d’At-Tirmidhî, les Sunan d’Âbû Dâwûd, d’An-Nasâ’î, d’Ibn Mâjah et d’Ad-Dâraqu’mî, il les entendit chacun plusieurs fois. Le premier livre de hadiths qu’il apprit par cœur fut une compilation de l’imam Al-fiumaydî, tiré des deux recueils authentiques.

Il existe très peu de livres sur quelque domaine que ce soit de! sciences islamiques qu’il n’ait pas lus. Allah (ﷻ) lui avait fait don. d’un pouvoir de mémorisation visuel et auditif prodigieux, il ne lisait une œuvre ou n’entendait une chose, sans que celle-ci ne reste gravée dans sa mémoire, que ce soit le sens ou les paroles précises. C’était comme si la science se mélangeait à sa chair, à son sang et au reste de son corps. Toute personne sensée savait qu’il était de Ceux que le Prophète (ﷺ) avait évoqués, disant qu’Allah (ﷻ) envoie chaque siècle à sa communauté, une personne pour révivifier sa religion. En effet, Allah (se) a fait revivre par son biais des points de la Législation oubliés ou délaissés et en fit un argument contre les gens de son époque.

Le jeune Ibn Taymiyyah étudia auprès de plus de deux cents savants dont cheikh Zîn Ad-Dîn Ahmad Ibn CAbd Ad-Dâ’im Ibn Nicmah Al-Maqdisî, d’Ibn Yusr, du cheikh Shams Ad-Dîn Al-fianbalî, du juge Shams Ad-Dîn Ibn cAtâ’ Al-fianafî entre autres, dans le but d’apprendre à leurs côtés les bases et les subtilités de la Législation Islamique.

Néanmoins, sa perspicacité était telle, qu’il lui arrivait souvent d’étudier et de lire seul. Il devint bientôt un maître dans la langue arabe au point de compléter l’ouvrage de Sîbawayh, 1e grand grammairien.

Il étudia les mathématiques et la calligraphie. Puis il s’orienta vers la jurisprudence et l’exégèse du Coran. Tout cela alors qu’il n’avait qu’une quinzaine d’années environ.

Les savants émérites restaient stupéfaits devant son intelligence hors du commun, sa fluidité d’esprit, sa faculté de mémorisation et sa rapidité de compréhension.

Aussi, face à une telle précocité, personne ne s’étonna qu’Ibn Taymïyyah Prononce ses premières fatwas à l’âge de dix-neuf ans. Deux ans plus tard, à l’âge de Vingt et un ans, il montera en chaire à Dâr Al-Hadith As-Sukkariyyah, prenant ainsi la succession d’un noble savant son père ‘Abd Al-Halim, qui après une vie d’étude et d’enseignement, avait quitté ce bas-monde. Une étoile montante venait de naître dans le ciel de Damas, autour de laquelle graviteraient durant de longues années, pauvres et notables, savants et étudiants.

Ibn Kathîr, l’un de ses élèves, rapporte que durant son premier cours à la grande mosquée des Omeyyades à Damas, Ibn Taymiyyah, jeune mufti âgé de 22 ans, se lança dans l’exégèse de la Basmala : Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux. Il ferma les yeux durant tout son cours, extrayant des perles de ses quelques mots, qu’ aucun savant n’ avait su détecter avant lui. Un jour, l’un de ses contemporains lui dit :
« Ie ne pensais pas qu’Allah (ﷻ) créerai encore des gens comme toi. »

Ou encore cette parole d’Abû Al-fiajjâj Al-Mazî :
« On n’a jamais vu pareil à cet homme depuis quatre cents ans. »

Si les érudits de son époque et ceux d’aujourd’hui encore furent si élogieux à son égard, au point de lui donner ce titre honorifique de Cheikh Al-Islam, c’est qu’il fut un spécialiste, le maître des maîtres dans toutes les branches de la religion d’Allah (ﷻ). Le savantissime Kamâl Ad-Dîn Az’Zamlakânî a dit :
« Lorsqu’on l’interrogeait sur une des branches de la science, celui qui le voyait ou qui l’écoutait pensait qu’il ne connaissait aucune autre science que celle-ci et était convaincu que personne ne la maîtrisait comme lui. Les jurisconsultes de tous les autres courants pensée, lorsqu’ils assistaient à ses assises, apprenaient des points doctrine dont ils ignoraient l’existence. personne ne l’a jamais un débat. Il n’a jamais abordé une science, qu’elle soit autre sans dépasser les érudits spécialisés dans ce domaine Il était le meilleur dans l’écriture des livres, dans la manière d’exprimer les choses, d’agencer les idées, de les découper en chapitre et dans la démonstration. »

Le cheikh et ses assises de science

Si lors d’une de ses assises des versets du Coran étaient cités, il se mettait alors à les expliquer. Dès lors, le cours tout entier tournait autour de cette exégèse.

Son assise durait environ le quart d’une journée. Il dispensait son enseignement de mémoire, ne s’aidant d’aucun support. La plupart du temps il ne s’arrêtait que parce que le temps du cours était écoulé, mais les gens présents savaient pertinemment qu’il aurait encore pu continuer son explication et apporter d’autres informations précieuses. Mais il mettait un terme à ses leçons par mansuétude envers les étudiants, faisant prévaloir « leurs intérêts divers. Il réalisa l’explication du verset {Dis: Il est Allah, Unique} en un grand volume. De même, l’explication de la parole d’Allah (ﷻ) : {Le Tout Miséricordieux s’est établi sur le Trône} permit de remplir trente-cinq cahiers. Il est dit qu’il débuta la composition d’une exégèse du Coran, qui si elle avait été achevée se serait étalée sur cinquante volumes.

Quant à sa connaissance et sa clairvoyance de la Sunna du Messager d’Allah (ﷺ), que ce soit ses paroles, ses gestes, ses jugements, les événements qui le touchèrent, ses batailles, ses expéditions militaires, ainsi que ce qu’Allah a bien voulu lui accorder comme prodiges et miracles sa connaissance du degré d’authenticité de ce qui lui est attribué, de même que ce qui est attribué à ses nobles Compagnons, leurs propos, leurs actes, leurs jugements, leurs fatwas, leur situation et leurs efforts mis au service de la religion d’Allah ainsi que Ce par quoi Allah les a distingués parmi la communauté, de tout cela il était le plus fin connaisseur, le plus savant et le plus prompt à : utiliser ce savoir dans son argumentation. Il était rare qu’il ne cite un hadith dans une œuvre ou une fatwa sans mentionner de quel recueil il avait tiré cela, tout en précisant la catégorie du hadith le cas échéant: authentique, bon ou autre et le nom du compagnon rapportant ce hadith. De même, quand on l’interrogeait sur un récit, il était rare qu’il ne souligne pas son degré d’authenticité sur le champ, puis il citait le récit en question dans son entièreté.

Ses épreuves

Parmi les choses les plus étonnantes à son sujet, le fait que lors de sa Première épreuve en Égypte, lorsqu’il fut jeté en prison et qu’on ne lui permit pas d’amener avec lui ses livres, il composa de nombreux ouvrages, petits et grands, en mentionnant lorsqu’il en avait besoin des hadiths, des récits, des paroles de savants, les noms de certains spécialistes du hadith ainsi que ceux de certains auteurs avec les noms de leurs différentes œuvres.

Il relia de mémoire chaque parole à son rapporteur, en spécifiant les noms des ouvrages et leurs chapitres, car en prison naturellement, il n’avait à sa disposition aucun document lui permettant de vérifier ces informations.

Ces feuillets écrits de mémoire donc, furent plus tard examinés, épluchés, mais on n’y trouva aucune erreur.

Cheikh Ibn Ad-Dawrî assista un jour à l’un de ses cours, durant lequel un juif interrogea Ibn Taymiyyah au sujet du destin.

La question fut adressée par écrit sous la forme d’un poème de quatre-Vingt vers. Lorsque le cheikh le lut, il réfléchit un court instant et se mit à rédiger la réponse à toute vitesse.

Naturellement, en le voyant écrire à une telle allure, les gens pensèrent qu’il était en train de répondre sous forme de prose. Mais lorsqu’il termina ils se rendirent Compte qu’il avait rédigé sa réponse sous la forme d’un poème d’environ 180 vers.

Ce poème était tellement empreint de science, que s’il avait fallu en faire un commentaire, il aurait dépassé deux tomes.

De même, quand il s’exprimait, ses paroles étaient fluides du début à la fin.

Comme s’il n’était en présence de personne, il fermait les yeux et parlait sans discontinuer, sans qu’une imprécision ou une erreur Viennent troubler ce flot de science.

Puis, lorsque son homélie s’achevait, il ouvrait les yeux et regardait les gens avec un visage enjoué et souriant.

Ibn Tayrniyyah était blanc de peau. De taille moyenne, il avait des épaules larges. Il avait une barbe poivre et sel, des cheveux noirs qui descendaient jusqu’au bas des oreilles, des yeux très expressifs et une voix portante. Il ne s’est jamais marié et n’eut aucune esclave comme concubine. Il n’avait que très peu d’argent, son frère s’occupant de couvrir ses besoins.

D’une très grande dévotion, sa vie était consacrée à Allah (ﷻ). Il ne se mêlait pas aux gens pour réaliser des transactions, s’associer, investir dans l’agriculture, l’immobilier ou tout autre commerce. Il refusait les émoluments et les dons des sultans, des émirs ou des commerçants.

Son ascétisme, son détachement de ce bas monde

Il n’épargnait ni dinar ni dirham, ni bien, ni nourriture, sa seule marchandise était sa science immense qu’il légua après sa mort, suivant ainsi le modèle du dernier des prophètes (ﷺ) qui affirma : « Certes, les savants sont les dignes héritiers des prophètes. Or, les prophètes n’ont laissé en héritage ni dinars, ni dirhams, mais ils ont laisse’ la science et celui qui la recueille a recueilli une part énorme. »

Son ascétisme était de notoriété publique et ce depuis son plus jeune âge. Il renonça à ce bas-monde avec une intention pure, rejetant sans regret luxe et excédent. Rares sont les savants qui surent se contenter de si peu durant leur existence et tirer satisfaction d’un tel délaissement comme ce fut son cas.

On n’entendit jamais de lui qu’il désirait épouser une belle femme, ni posséder une maison spacieuse, des esclaves, des vergers ou tout autre bien. Et pourtant, sa renommée était telle qu’il aurait pu obtenir autant d’argent et de pouvoir qu’il le désirait, sultans, notables et commerçants lui portant un grand respect, cherchant à rallier son cœur avec leurs dons divers.

Malgré son profond détachement de ce bas-monde, son refus de se tourner vers lui, la vue d’une bourse pleine le réjouissait, non pas qu’elle fût synonyme pour lui d’habits luxueux et de mets fins, mais parce qu’elle lui permettait de venir en aide aux pauvres et ainsi plaire a son Seigneur.

Son comportement, sa générosité

Altruiste et généreux, l’argent, en grande ou petite quantité, ne restait jamais longtemps en sa possession. Quand il n’avait même plus une piécette à donner en aumône, il ôtait l’un de ses vêtements, alors qu’il en avait peu, et le donnait au nécessiteux, allant même jusqu’à s’excuser de ne pas avoir d’argent.

Un jour, un homme Vint le voir et lui demanda un livre. Il l’invita à prendre le livre de son choix. L’homme vit parmi les ouvrages un exemplaire du Coran que le cheikh avait payé cher. Il le prit et s’en alla. Certains étudiants alors, reprochèrent au cheikh cette largesse. Il répondit :
« Aurait—il été convenable que je l’en prive après qu’il me l’ai demandé ? Laissez-le en profiter ! »

Ibn Taymiyyah réprimandait de manière virulente celui à qui l’on demandait un livre de science et qui refusait de s’en délester. Il disait à ce propos :
« Il ne convient pas que l’on prive de science celui qui la recherche ! »

De sa ration alimentaire quotidienne déjà faible, il conservait toujours des morceaux de pain, qu’il préférait donner plutôt que de les manger. Il les cachait dans sa manche, et tout en veillant à ce que personne ne le voit, il les distribuait discrètement aux indigents, alors qu’il marchait aux côtés de ses élèves. Si un pauvre venait à lui, il était tellement touché qu’il lui donnait la plus grande partie de son repels. Un de ses élèves qui resta longtemps avec lui rapporte l’une de ses journées typiques :
« La plupart du temps notre subsistance était similaire. Tôt dans la journée, il apportait avec lui une demi livre de pain irakien qu’il coupait de sa main en morceaux. Nous en mangions alors ensemble. Mais bientôt, il cessait de se servir, sans cependant retirer le reste du pain présent devant moi, jusqu’à ce que je sois rassasié, c’est-à—dire que je ne ressente pas le besoin de manger et ce jusqu’au soir. Je pense que cet apaisement durable de ma faim faisait partie de la bénédiction qu’Allah (ﷻ) avait accordée au cheikh. Puis, la nuit venue, son travail au service des gens accompli, il apportait notre dîner, dont il ne mangeait que quelques petites bouchées, m’en laissant la plus grande part. Je lui demandais avec insistance d’en manger plus, ce qu’il refusait toujours, à tel point qu’au fond de moi j’avais mal pour lui tant il se nourrissait peu. »

Plusieurs personnes ont témoigné de sa générosité avec les pauvres, les voyageurs, les étudiants en science dans le besoin, ainsi que ses efforts permanents à leur service.

C’était une personne d’une grande humilité. Il était humble avec les personnes âgées et avec les plus jeunes, les honorés et les méprisés, les riches et les indigents qui craignaient Allah Il se faisait un devoir de bien accueillir les pauvres, les honorait, les réconfortait, les mettait à l’aise avec ses paroles agréables et ce plus qu’avec les riches. Parfois même il se mettait à leur service et accomplissait pour eux les tâches les plus humbles, donnait de sa personne, se démenait comme un simple serviteur, alors qu’il était le savant des savants, le cheikh de l’Islam.

Il ne se lassait pas de celui qui venait le consulter pour obtenir une fatwa ou qui venait l’interroger, au contraire il l’accueillait le visage réjoui, car il était d’un naturel doux. Il restait à ses côtés jusqu’à ce que ce soit le questionneur qui décide de le quitter, qu’il soit âgé ou jeune, que ce soit un homme ou une femme, une personne libre ou un esclave, un savant ou un simple quidam, un citadin ou un campagnard, jamais il ne lui réservait un mauvais accueil, ni ne l’embarrassait, ni ne le rebutait par des propos blessants. Au contraire, il prenait le temps de lui répondre, lui expliquait, lui montrait le vrai du faux, le tout avec douceur et bonne humeur.

Son bon comportement allait de paire avec sa grande modestie, comme le relate nombre de ses étudiants. En effet, lorsque le cheikh et ses élèves se rendaient à la mosquée où il dispensait ses cours, c’était lui qui portait les livres, les siens et ceux de ses étudiants.

Personne alors ne pouvait le contraindre à se défaire de cette charge. Quand gêné, l’un de ses élèves s’excusait de cela auprès de lui, de peur que cela soit interprété comme un manque de respect de sa part, il répondait :
« Quand bien même je les porterais sur ma tête cela serait
convenable Qu’auraiS-je à ne pas transporter des livres contenant les
paroles du Messager d’Allah (ﷻ) ? »

Quant à son adoration, elle était sincère, empreinte de crainte, d’amour et de ferveur, régulière comme les grains qui s’écoulent du sablier. La nuit, il s’isolait, restant seul avec son Seigneur, L’implorant, priant, récitant de manière appliquée et assidue les versets du Noble Coran. Lorsque l’aube chassait la nuit, et que l’appel du muezzin l’invitait à prier à la mosquée parmi ses frères, il accomplissait la prière de l’aube avec recueillement, avant d’entamer de longues invocations. Lorsqu’il débutait une prière, en prononçant la formule consacrée à haute voix : Allâhu Akbar, c’est tout juste si les Cœurs des gens ne tombaient pas en pièces face à tant de crainte révérencielle, ses membres tremblaient, au point de le faire chanceler de droite et de gauche. Quand il récitait le Coran, il allongeait sa récitation tel que nous l’a enseigné le Prophète (ﷺ). Ses inclinaisons et ses prosternations étaient des plus appliquées qui soient.

Ses bonnes oeuvres

Son invocation de prédilection était :
« Ô Allah! Assisté-nous et ne soutiens pas les gens contre nous ! Manœuvre à notre avantage et pas à notre détriment ! Guide-nous et facilite-nous la guidée. Ô Allah! Fais de nous des gens reconnaissants, soucieux de Ton rappel, pleins de sollicitude envers Toi, humbles face à Toi, désireux de Te rencontrer, Te craignant, dévoués à Ton service. Ô notre Seigneur ! Accepte notre repentir, efface nos péchés, raffeth nos arguments, guide nos cœurs, extrait de nos cœurs tout ressentiment. »

Après la prière de l’aube, il invoquait longuement Allah (ﷺ), son habitude était connue de tous, et personne ne venait le déranger, en dehors des cas de nécessité. Il poursuivait ainsi ses invocations et son rappel, récitant et répétant parfois la Pâtihah jusqu’au lever du soleil, levant souvent les yeux au ciel. Il avouera un jour à Ibn Kathîr que c’était dans ces instants bénis qu’il tirait sa force.

Lorsqu’il apprenait qu’une prière funéraire avait lieu, il s’y rendait ou se désolait de ne pouvoir y participer. Cette adoration lui tenait tant à cœur qu’il lui arrivait, faute d’être présent à la mosquée, de se rendre au cimetière entre deux assises afin d’y accomplir la prière mortuaire. Il était toujours soit en train d’émettre des avis juridiques, soit en train d’aider les gens. Chaque semaine il se rendait à l’hôpital afin d’y Visiter les malades, les réconfortant et les exhortant à la patience. Il levait souvent les yeux au ciel, il ne s’en lassait pas, c’est comme s’il y voyait quelque chose qu’il voulait confirmer. Enfin, S’il voyait une chose répréhensible sur son chemin, il y mettait un terme.

Ainsi Ibn Taymiyyah, quitte à être critiqué et incompris par les ignorants, n’hésitait pas à donner de sa personne et à se rendre Sur place quand ü apprenait qu’un mal dévoyait les gens du monothéisme. Un jour, le cheikh apprit que des gens s’adonnaient au polythéisme

J autour d’une sorte de colonne, appelé le pilier parfumé. Il invoqua Et consulta Allah (ﷻ) afin qu’Il le raffermisse dans sa volonté de définire cette source de mal. La rumeur enfla bientôt dans la ville:

Ibn Taymiyyah s’apprêterait à démolir le pilier parfumé l Des gens s’attroupèrent, d autres crièrent au sacrilège. Certains disaient que la Pluie cesserait que plus aucun arbre ne pousserait s’il détruisait le pilier. D’autres affirmèrent que le cheikh ne connaîtrait plus la réussite dans sa vie s’il s’attaquait à ce monument.

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